Loin le souffle du vent
et les cris des hommes
le temps s'est arrêté.
Un univers nu
glisse autour de la Proue endormie.
Aucun rappel, voix de marins, roulis, vertige,
fraîcheur, cieux du levant...
Nul souvenir, sable brûlant, crinière rousse,
Yeux bleus, jade, émaux spendides !
Point de saveurs, de sels, d'épices,
de rouille, de voiles humides.
Seuls des espaces glissent.
Perceptions furtives,
Vertiges d'un instant.
Elle se perd sûrement dans le froid sidéral,
Sans geste, sans mouvement,
Rien ne frôle sa chair.
Pourtant... Pourtant au profond...
hors du temps, hors d'espaces...
survit un rien
survit un Etre
survit la décision
Ainsi un jour elle se souvient
les terre brûlées, les quais, les tempêtes,
les routes sous la nuit, l'odeur du feu,
l'odeur du fer.
Elle crée
des jeux et des rancunes,
des tours, des pièges, des désirs,
des univers même
...le mouvement des astres ;
Elle cherche son glaive, ses mots, ses gants,
les quais, les navires, les batailles...
et les libertés même.